Ingérence et Islam institutionnel

Extrait du rapport annuel  2010 de la Sûreté de l’Etat – Page 41

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1. ISLAM   INSTITUTIONNEL

Tout comme les années précédentes,  2010 a été marquée par l’ingérence de puissances étrangères et de groupements  radicaux islamiques dans l’islam institutionnel. Le fonctionnement de l’«EXECUTIF DES MUSULMANS DE BELGIQUE» a notamment été la cible de ces activités d’ingérence. Notre service a rendu compte de cette problématique de manière continue au ministre de la Justice.

Divers acteurs au sein de l’islam  institutionnel, y compris quelques puissances étrangères et certains milieux radicaux, ont suivi avec grande attention les débats et réflexions entamés au sujet des modalités de renouvellement de l’organe du culte islamique.

Au cours de l’année 2010, quelques acteurs ont aspiré à un renouvellement qui conférerait aux mosquées et aux fédérations de mosquées une position déterminante,  alors que d’autres accordaient davantage d’importance à l’organisation d’élections générales dans la communauté islamique.
Aucun consensus n’a pu être dégagé en  2010. Des puissances étrangères et un groupement turc radical se sont ingérés dans les structures de l’islam institutionnel
pour tenter d’imposer leurs vues.

En ce qui concerne l’avenir, il est permis  d’affirmer qu’une telle ingérence, susceptible d’influencer dans une large mesure, voire de contrarier, le fonctionnement de l’organe du culte islamique, ne perdra certainement  pas en intensité. Il est à noter que la décision finale concernant les modalités de renouvellement peut avoir un impact majeur sur l’évolution future dans notre pays tant de l’islam institutionnel que de l’islam dans son ensemble.

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Rapport de la Sûreté de l’Etat – 2010 – Page 41 – 42

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Lettre de l’ADMB aux présidents de partis et au monde politique

Lettre de l’ADMB[1] aux présidents de partis et au monde politique

 

Bruxelles, le 08 février 2012

Objet : Le dossier de la reconnaissance de l’Islam de Belgique

Madame …, Monsieur … le (la) Président(e) du parti politique …,


 

Vous avez sans doute eu vent (les médias en ont abondamment traité) des derniers épisodes qui ont ébranlé de façon regrettable l’Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB). Compte tenu de l’importance du dossier de l’Islam de Belgique, nous souhaitons recadrer à votre intention les événements récents dans leur contexte plus général de manière à vous permettre une compréhension optimale.

 

La Belgique compte en effet aujourd’hui plus de 600.000 citoyens de confession musulmane. Et ce chiffre devrait continuer à croître ces prochaines années. Il convient donc que l’Etat belge offre dès à présent, à l’instar d’autres corps sociaux, tous les moyens à cette communauté de continuer à s’insérer de façon harmonieuse et pacifique dans la société, contribuant ainsi à une cohésion sociale accrue et un meilleur vivre ensemble.

 

Pour mémoire, rappelons que le culte islamique a été officiellement reconnu en 1974. Le premier interlocuteur de l’Etat belge fut le Centre islamique et culturel de Belgique à qui le statut de représentant de culte musulman a été retiré en 1989 par les autorités belges.  Un des arguments avancés par certains politiques était l’ingérence étrangère et un déficit dans la représentativité  des populations musulmanes installées en Belgique. A cette époque déjà émergea l’idée que la gestion du temporel du culte musulman devait impérativement trouver sa source en Belgique afin de développer un islam démocratique et respectueux des valeurs occidentales.

 

La structure de l’Islam n’étant pas hiérarchisée, sur proposition de la base de la communauté musulmane de Belgique, les responsables politiques optèrent alors pour des élections en vue de constituer un organe collégial et sociologiquement représentatif. Après plusieurs tentatives infructueuses, c’est finalement en 1998 que le premier Exécutif issu des élections a été mis en place. Pour diverses raisons, « sa représentativité » fut néanmoins contestée, ce qui entraîna de nouvelles élections en 2005. Celles-ci furent boycottées par une grande partie de la communauté musulmane qui reprochait notamment les modalités d’organisation et l’ingérence dans ces élections… 


Nouvel épisode : l’EMB issu des élections de 2005 vole à son tour en éclat en 2007 à la suite des ennuis judiciaires de plusieurs de ses membres poursuivis pour faux en écriture, abus de confiance et détournement, etc., ce à quoi s’ajoute ensuite la démission de l’ex-président de l’EMB entrainant avec lui presque le tiers des membres de l’assemblée générale. 

Début 2008, un nouvel EMB est constitué in extrémis par l’Assemblée générale des musulmans de Belgique. Le Ministre de la Justice demande à l’EMB fraîchement élu d’organiser des concertations avec toute la population musulmane de Belgique en vue de proposer une nouvelle forme d’organisation pour l’Organe chef du culte Islamique. Il faut savoir qu’à cette époque, le bruit circulait que la crise précédente de l’EMB était due au système électoral déficient, alors que, en réalité, elle avait pour origine la mauvaise gestion de quelques individus guidés par leur seul intérêt personnel voire mal intentionnés. Dans ce contexte, le Ministre concerné continuait néanmoins à demander la poursuite des concertations entre tous les partenaires…

 

Rapidement cependant, une partie de l’EMB confisque les débats pour les mener en vases clos entre personnes déjà ralliées à la même cause. A savoir, celle de la défense d’un projet de renouvellement exclusivement basé sur les mosquées, elles-mêmes inféodées à des Etats étrangers (Maroc et Turquie, en l’occurrence) et rejetant une grande partie de la communauté musulmane, en particulier les femmes, les jeunes, le monde associatif et toutes les minorités ethniques et religieuses.

 

Plusieurs membres de l’EMB, écartés des concertations en raison de leur refus d’adhérer au projet des mosquées, créent  alors l’ « Alternative démocratique des musulmans de Belgique» (ADMB),  une plate-forme regroupant des acteurs issus de toutes les composantes de la communauté musulmane de Belgique sans distinction d’ethnies, de genres, ni d’écoles juridiques.

 

Depuis sa création, l’ADMB œuvre ainsi pour faire entendre la voix de tous les citoyens belges de confession musulmane exclus du processus de renouvellement en cours de l’EMB en prônant le seul dispositif pouvant à ses yeux mener à la mise sur pied d’un Organe représentatif du culte islamique de Belgique qui soit à la fois démocratique, transparent, citoyen et indépendant de toute forme d’ingérence : des élections générales ouvertes à toute la communauté musulmane, « balisées » pour permettre une gestion légale et « saine » du temporel du culte musulman.

 

De 2008 à 2011, le projet des mosquées étant largement décrié par l’ADMB, le Ministre de la Justice a attendu, en vain, un projet de renouvellement de l’EMB faisant l’objet d’un consensus au sein de la communauté musulmane. 

 

Entre octobre et décembre 2011, il met autour de la table les 4 membres du Bureau de l’EMB, constitué du Président et des 3 vice-présidents de l’EMB (parmi lesquels Isabelle PRAILE, également membre de l’ADMB), en vue de trouver un compromis autour d’un projet de renouvellement devant mener à la constitution d’un Exécutif réellement représentatif des musulmans de Belgique.

 

 

Au moment où le Bureau de l’EMB commence enfin à engranger certaines avancées en vue d’un consensus et où une nouvelle Ministre, Madame TURTELBOOM, vient de prendre ses fonctions, contre toute attente, le Président de l’EMB fait convoquer, le 13 janvier 2012, une Assemblée générale. Il faut savoir que, initialement, cette AG devait prolonger le mandat de l’EMB afin d’être en phase avec la reconduite de ce mandat par les autorités politiques via la publication d’un arrêté royal.

 

Mais, autre coup de théâtre : l’AG du 13 janvier 2012 décide la reconduction du seul mandat des membres de l’EMB proches des ambassades étrangères, à l’exclusion des 3 membres de l’EMB faisant partie de l’ADMB (Isabelle PRAILE, vice-présidente de l’EMB, Mohamed FATHA-ALLAH et Zehra GÜNAYDIN), par le biais d’un vote de confiance non prévu dans l’ordre du jour.

 

La manière dont s’est déroulé ce vote est, en outre, évidemment très contestable : en effet,  sur les 44 membres que compte l’AG, seuls 11 étaient présents, munis de procurations dont on peut douter de la validité de certaines d’entre elles… A la Justice de trancher le cas échéant s’il apparaît que des irrégularités ont été commises.

 

En tout état de cause, force est de constater que l’EMB n’est désormais plus dirigé aujourd’hui que par des individus dont la plupart  semblent faire primer les intérêts de leur Etat d’origine plutôt que ceux des Belges musulmans.

 

Au-delà de la situation actuelle de l’EMB et de l’exclusion irrégulière de ses membres rénovateurs issus de l’ADMB, c’est ainsi tout le futur de l’Islam de Belgique qui nous préoccupe au plus haut point.

 

Ajoutons que, dans son rapport pour l’année 2010, la Sûreté de l’Etat met en garde contre l’ingérence de puissances étrangères et de groupements radicaux islamiques dans l’islam institutionnel en ces termes : « Des puissances étrangères et un groupement turc radical se sont ingérés dans les structures de l’islam institutionnel pour tenter d’imposer leurs vues. En ce qui concerne l’avenir, il est permis d’affirmer qu’une telle ingérence, susceptible d’influencer dans une large mesure, voire de contrarier, le fonctionnement de l’organe du culte islamique, ne perdra certainement pas en intensité. Il est à noter que la décision finale concernant les modalités de renouvellement peut avoir un impact majeur sur l’évolution future dans notre pays tant de l’islam institutionnel que de l’islam dans son ensemble ». Inquiétant, non ? 

 

Nous estimons pour notre part que toutes les personnes de bonne volonté concernées par ce dossier ont la responsabilité de déterminer aujourd’hui quel Islam elles souhaitent pour la société belge : un islam importé, étranger à notre culture et nos traditions nationales, ou un islam en phase avec notre démocratie et les valeurs qu’elle sous-tend. Car tel est bien l’enjeu principal de cette problématique.

 

Nous nous permettons enfin d’attirer toute votre attention sur ce dossier et de demander toute votre vigilance par rapport à son suivi.

 

Nous vous remercions d’avoir pris le temps de nous lire. Nous nous tenons évidemment à votre disposition pour toutes explications complémentaires et, si vous le jugez nécessaire, sommes prêts à vous rencontrer à votre meilleure convenance.

 

Recevez,   Madame   …, Monsieur  … le  (la)  Président(e) du parti  politique  …, l’expression de nos sentiments les plus respectueux. 

 

Pour l’ADMB,

 

 

Mr Abderrahmane El Youssouffi  : expert de l’ADMB, doctorant en Sciences Sociales à   l’ULB    

 

  – Mme Zehra Gunaydin : membre de l’ADMB, membre de l’EMB, docteur en médecine

        

  – Mr Michaël Privot : expert de l’ADMB, islamologue, Trésorier du Complexe Educatif et Culturel Islamique de Verviers – Mosquée Assahaba

 

  – Mr Mohammed Fatha-allah : membre ADMB, membre de l’EMB, président de l’asbl des Finances « Collège de l’EMB », imam, professeur de religion islamique

 

  – Mr Mussa Zulfikarali : membre de l’ADMB, membre ADMB, ingénieur commercial Solvay, responsable d’une mosquée pakistanaise

 

  – Mr Iqbal Qureshi : membre de l’ADMB, membre de l’EMB, président de la mosquée pakistanaise d’Anvers, Senior Auditor / Manager de Halal Food Council of Europe (vzw) Belgium

 

  – Mr Karim Geirnaert : membre de l’ADMB, expert en alimentation halal, responsable de la fédération de scoutisme musulman

 

  – Mme Isabelle Praile : membre de l’ADMB, vice-présidente de l’EMB, actrice associative dans divers projets (féminin, scoutisme musulman, dialogue interreligieux,…)

 

  – Mr Yacob Mahi : expert de l’ADMB, théologien et Islamologue, Professeur en secondaire à Bruxelles et à l’université de Strasbourg. 

 

        

 

 Contacts : Praile Isabelle – Gsm : 0486/966114 – Email : isasoum@hotmail.com

                

 


[1]L’Alternative Démocratique des Musulmans de Belgique (ADMB) est une plate-forme qui regroupe des acteurs issus  de toutes les composantes de la communauté musulmane de Belgique sans distinction d’ethnie, de genre, ni d’écoles juridiques… L’ADMB a pour vocation de promouvoir un Organe Chef de Culte des Musulmans de Belgique représentatif, démocratique et indépendant de toute forme d’ingérence.

Enseignement de la religion islamique en Communauté française

État de la formation des enseignants de religion islamique dans l’enseignement officiel en Communauté française

Etudes réalisé par le ‘Centre interdisciplinaire d’étude des Religions et de la Laïcité’
Université libre de Bruxelles –  2006

Auteur de l’étude :

Emilie Brébant, Chercheur
Direction scientifique : Jean-Philippe Schreiber, directeur du CIERL
CIERL/ULB, mars 2006

 

RAPPORT : RapportCIERL_FRB_Final – gestion de l’EMb et Ingérance

 

Coup de théâtre à l’Exécutif musulman

L’AG de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), l’institution chargée de gérer chez nous le temporel du culte islamique a procédé vendredi soir à un vote de défiance visant ses membres « rénovateurs » prônant une représentation accrue des femmes et des minorités.

Ce vote entraîne l’exclusion de ces membres (à savoir la vice-présidente de l’EMB Isabelle Praile, Zehra Gunaydin et Mohammed Fatha-Allah), ce que ceux-ci contestent dénonçant la mainmise des autorités diplomatiques turques et marocaines sur l’EMB. Concrètement, le vote de défiance exclu de l’EMB toutes les femmes et la minorité chiite.
Le vote de vendredi soir a été organisé alors que treize membres de l’assemblée générale étaient présents sur les 43 élus.
L’éviction des trois membres actifs de l’association démocratique des musulmans de Belgique (ADMB) n’était pas prévue à l’ordre du jour, les exclus plaident l’irrégularité de la procédure en appellent à l’arbitrage de la ministre fédérale des cultes, Annemie Turtelboom (Open VLD).
Voici quelques jours, le rapport annuel de la sûreté de l’Etat mettait en cause l’ingérence persistante de la Turquie et du Maroc dans la gestion de l’EMB.

Source : Le Soir – 13/ 1/ 2012

Les imams de Flandre ne sont pas assez néerlandophones

D’après une étude réalisée à la demande de Geert Bourgeois N-VA), cela complique la relation avec la jeune génération, née et élevée en Flandre, et augmente le risque de radicalisation de celle-ci.

De nombreux imams exerçant en Flandre ne parlent que peu ou pas du tout le néerlandais et ne s’impliquent que peu dans leur environnement. Cela complique la relation avec la jeune génération, née et élevée en Flandre. Ces jeunes se tournent alors vers d’autres solutions à la recherche de l’« islam véritable », ce qui augmente le risque de radicalisation. C’est ce qu’il ressort d’une étude réalisée par le « Steunpunt Gelijkekansenbeleid » (« Appui à une politique d’égalité des chances ») à la demande du ministre flamand de l’Intégration Geert Bourgeois (N-VA).

Le portrait ainsi dressé souligne que presque tous les imams actifs en Flandre sont d’origine étrangère. Beaucoup ne parlent pas ou peu la langue et sont peu intégrés dans le contexte local.

Les auteurs de l’étude constatent également que beaucoup de jeunes sont prêts à reprendre le flambeau de la gestion des moquées. « Fournir une formation aux imams pourrait apporter une solution », selon le ministre Bourgeois. Le ministre de l’Enseignement Pascal Smet évalue cette possibilité.

Geert Bourgeois souligne que de nombreuses mosquées se situent à une période charnière entre deux générations. « Le travail effectué par la première génération constitue une bonne base pour continuer à évoluer vers des mosquées en phase avec leur époque, intégrées dans leur environnement et capables de communiquer avec la société au sens large », estime encore le ministre Bourgeois.

Source : le soir – 14/01/2012

ADMB – Alternative Démocratique des Musulmans de Belgique

Alternative Démocratique des Musulmans de Belgique (ADMB) est une plate-forme qui regroupe les forces vives de toutes les composantes de la communauté musulmane de Belgique sans distinction d’ethnie, de genre, ni d’écoles juridiques … l’ADMB a pour vocation de promouvoir un Organe chef de culte des Musulmans de Belgique représentatif, démocratique et indépendant de toute forme d’ingérence.

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